Philippe Mikaeloff - Conférences

Les relations étranges entre l’église et Aristote du Ier au XVIIème siècle

Le problème que j’aborde aujourd’hui avec vous est délicat. En effet les thèses des savants de la prodigieuse Grèce antique dite païenne qui a duré plus de 7 siècles et dont Aristote fait partie se sont avérées difficilement compatibles avec les saintes écritures.

Le sujet que nous allons étudier ensemble s’est imposé au fil des années presque malgré moi. En effet préoccupé par les conceptions de l’homme sur l’univers, je me suis rendu compte qu’entre Claude Ptolémée, dernier astronome de la Grèce antique, avec son système géocentrique des cercles déférents, épicycles, et le milieu du XVI° siècle, date de la parution de l’ouvrage de Nicolas Copernic qui défendra l’héliocentrisme sans le prouver, vont s’écouler 14 siècles pendant lesquels les connaissances sur l’univers en Occident ont paru stagner.

DiapositiveEn étudiant cette longue période mal connue de ce point de vue, on constate que sans cesse interviennent l’église et les thèses d’Aristote.

C’est une longue et étrange histoire que celle des relations entre Aristote et l’Église ainsi qu’avec les universités d’Europe. Lorsqu’on étudie ces relations, on est amené à se poser une série de questions auxquelles je m’efforcerai de répondre, à la lumière de nombreuses lectures : 
    - Pourquoi pendant les premiers siècles de la chrétienté l’Église s’est elle montrée si réticente à l’égard des sciences et de ceux qui s’intéressaient au fonctionnement de l’univers ?
- Lorsqu’on a récupéré à la fin du 1er millénaire l’héritage scientifique de la Grèce Antique, grâce aux traducteurs installés en Espagne, pourquoi l’église fût-elle franchement hostile à Aristote ?
- Comment se fait-il qu’à partir du XIVème siècle, après revirement complet les théories d’Aristote aient été imposées par l’Église comme thèses officielles des universités d’Europe ?
- L’autorité d’Aristote fut battue en brèche pendant la Renaissance : mais pour quelles raisons, dans la 2ème moitié du XVIème siècle va t-on assister à un raidissement de l’Église  dont les conséquences se feront sentir encore au XVIIIème siècle ?