Le probl�me que j'aborde aujourd'hui avec vous est d�licat. En effet les th�ses des savants de la prodigieuse Gr�ce antique dite pa�enne qui a dur� plus de 7 si�cles et dont Aristote fait partie se sont av�r�es difficilement compatibles avec les saintes �critures.

Le sujet que nous allons �tudier ensemble s'est impos� au fil des ann�es presque malgr� moi. En effet pr�occup� par les conceptions de l'homme sur l'univers, je me suis rendu compte qu'entre Claude Ptol�m�e, dernier astronome de la Gr�ce antique, avec son syst�me g�ocentrique des cercles d�f�rents, �picycles, et le milieu du XVI� si�cle, date de la parution de l'ouvrage de Nicolas Copernic qui d�fendra l'h�liocentrisme sans le prouver, vont s'�couler 14 si�cles pendant lesquels les connaissances sur l'univers en Occident ont paru stagner.

Diapositive NEn �tudiant cette longue p�riode mal connue de ce point de vue, on constate que sans cesse interviennent l'�glise et les th�ses d'Aristote. C'est une longue et �trange histoire que celle des relations entre Aristote et l'�glise ainsi qu'avec les universit�s d'Europe. Lorsqu'on �tudie ces relations, on est amen� � se poser une s�rie de questions auxquelles je m'efforcerai de r�pondre, � la lumi�re de nombreuses lectures :

- Pourquoi pendant les premiers si�cles de la chr�tient� l'�glise s'est elle montr�e si r�ticente � l'�gard des sciences et de ceux qui s'int�ressaient au fonctionnement de l'univers ?

- Lorsqu'on a r�cup�r� � la fin du 1er mill�naire l'h�ritage scientifique de la Gr�ce Antique, gr�ce aux traducteurs install�s en Espagne, pourquoi l'�glise f�t-elle franchement hostile � Aristote ? - Comment se fait-il qu'� partir du XIV�me si�cle, apr�s revirement complet les th�ories d'Aristote aient �t� impos�es par l'�glise comme th�ses officielles des universit�s d'Europe ? - L'autorit� d'Aristote fut battue en br�che pendant la Renaissance : mais pour quelles raisons, dans la 2�me moiti� du XVI�me si�cle va t-on assister � un raidissement de l'�glise dont les cons�quences se feront sentir encore au XVIII�me si�cle ? Au cours de cet expos� nous allons nous appuyer sur une s�rie de faits historiques, essayer de vous faire revivre cette �poque en �voquant toute une s�rie d'hommes �minents, souvent courageux.. Aristote (384-322 av. J.-C.) est originaire de Stagire, petite colonie grecque de Mac�doine. El�ve de Platon � l'Acad�mie, il quitte Ath�nes en 347 avant l'�crasement de la Cit� par Philippe de Mac�doine et devient le pr�cepteur de son fils, le futur Alexandre le Grand. Puis, il regagne Ath�nes o� il fonde son �cole. Aristote fera la synth�se de tout le savoir de la Gr�ce Antique et son œuvre est immense, s'int�ressant � tous les domaines, mais son analyse ne sera pas notre objectif aujourd'hui.

Il se d�marque de Platon qui critiquait nos sens d�faillants pour observer le monde et restait dans les id�es abstraites. Pour Aristote le monde est concr�tement digne d'�tre observ�. La nature est constitu�e de deux concepts compl�mentaires, la mati�re et la forme. L'�me et le corps sont les aspects d'une substance unique et leurs rapports sont ceux de la forme � la mati�re. L'univers d'Aristote est �ternel et fini. Le syst�me sph�rique s'impose car il est parfait ainsi que le mouvement circulaire des astres.

La Terre immobile au centre du monde est sph�rique. L'homme a toujours exist�. Aristote critique l'id�e platonicienne d'une gestion divine de ce bas monde. Comme l'univers est fini et plein, le vide n'existe pas : les sph�res homocentriques de son disciple Eudoxe qui supportent les plan�tes sont solides. Entre elles existe un cinqui�me �l�ment l'Ether qui va polluer la physique jusqu'� l'�poque d'Einstein. Il existe une monde sublunaire changeant et corruptible. Au del� le monde c�leste est parfait, immuable, limit� par la sph�re des fixes rigide qui porte les �toiles. Aristote n'est pas embarrass� par la question de savoir ce qu'il y a au-del� de la sph�re des Fixes, ce qui posera un r�el probl�me � l'�glise : pour lui, au-del� de cette sph�re il ne saurait y avoir ni mati�re, ni lieu, ni vide. D'ailleurs l'existence d'un vide absolu au-del� du monde mat�riel est encore discut�e aujourd'hui par les astrophysiciens ; en physique il a fait place � la notion de vide quantique. On con�oit donc que toutes ces th�ses d'Aristote � l'oppos� des saintes �critures aient pu appara�tre difficilement conciliables avec l'�glise. Nous avons un peu artificiellement regroup� en 5 p�riodes l'�volution de la position de l'�glise vis � vis d'Aristote et des sciences, ici d�taill�es.

Abordons le monde chr�tien des 4 premiers si�cles :

Au cours du premier si�cle, face � la masse h�t�roclite de documents accumul�s par la science grecque qui fournissait des explications sur le fonctionnement de l'univers, l'embarras des premiers chr�tiens fut consid�rable. En effet, ces donn�es �tablies par ces Grecs pa�ens �taient le plus souvent en contradiction avec les Saintes Ecritures qui comportent un ensemble de r�cits explicatifs de la gen�se et de la structure du monde tout � fait diff�rents. En fait les pr�occupations scientifiques �taient absentes chez les premiers chr�tiens le plus souvent incultes et qui donnaient la priorit� sur la raison � la foi. Plus tard jamais la question des rapports entre la science et l'�glise ne se serait pos�e s'il n'y avait eu l'existence du Livre Sacr� consid�r� comme parole divine intouchable. D�s le 1er si�cle, certains dans l'�glise vont afficher de la m�fiance pour l'h�ritage scientifique de la Gr�ce antique. Paul de Tarse, juif de la diaspora, cultiv�, p�n�tr� de pens�e hell�nique, aura l'occasion de se confronter avec les philosophes Grecs au cours de son voyage � Ath�nes dans les ann�es 50, qui vont se moquer de lui lorsqu'il parlera de r�surrection. Fondateur de la th�ologie chr�tienne, il va t�moigner d'une profonde d�fiance � l'�gard de la science profane. Saint Bernard va citer de lui la c�l�bre boutade � la science enfle � (I Corinthien, 8, 9), dans le sens o� elle fait commettre le p�ch� d'orgueil. Paul �crit encore : � La connaissance enfle mais l'amour �difie. Si quelqu'un s'imagine conna�tre quelque chose, il ne conna�t pas encore comme il faudrait conna�tre (1�re �pitre aux corinthiens ).Ou encore � la connaissance ? Elle sera abolie � (I Co., 13, 8). D'autres passages sont �difiants, comme � le seigneur ne conna�t pas les pens�es des sages ; il sait qu'elles sont vaines �. Pour Paul donc, le minimum scientifique indispensable se trouve dans la Bible. Il est inutile d'en savoir plus ; de toute fa�on les Grecs qui d'ailleurs ne sont pas d'accord entre eux, sont disqualifi�s par leurs mythes extravagants. En m�me temps que la chute de l'Empire Romain, qui se d�sint�ressait lui-m�me des sciences et des conceptions sur l'univers, ne traduisait pas en latin les auteurs grecs comme Aristote, va se produire une rupture entre l'Occident de plus en plus chr�tien et l'Orient qui lui va pr�server les textes grecs, que traduiront les Arabes. Pendant plus de six si�cles, la culture et l'activit� scientifique en Occident seront donc r�serv�es � une minorit� de moines, de clercs et � quelques princes form�s dans les �coles monastiques, avec pour but essentiel l'�tude de la Bible. Ainsi par exemple aux II�me et III�me si�cles les p�res de l'�glise vont se trouver confront�s � la question de la forme de la Terre : sa sph�ricit� impliquait pour les Grecs l'existence d'un continent � l'extr�mit� sud de la plan�te afin de l'emp�cher de basculer. Mais les p�res pensaient qu'il �tait impossible que des �tres vivants marchent � l'envers ! C'est pourquoi la plupart rejet�rent l'id�e de la sph�ricit� de la Terre.

Inspir�s par la description donn�e dans l'Exode, beaucoup de religieux pensaient que la Terre �tait plate, entour�e de murailles qui en se r�unissant forment le firmament et la vo�te c�leste.

D'ailleurs, cette repr�sentation symbolique de la Terre en forme de tabernacle figure dans la plupart des mappemondes du Moyen-�ge occidental : c'est l'orbis terrarum, entour� d'un grand oc�an.

Pourtant dans certaines r�gions d'Orient, o� les chr�tiens s'�taient �tablis au contact de l'�cole d'Alexandrie, vont se cr�er des liens entre la chr�tient�, la science gr�co-romaine, le pass� Babylonien et Egyptien : en effet Alexandrie �tait une ville v�ritablement cosmopolite, centre intellectuel, ville gigantesque � l'�poque de plus d'un million d'habitants. On peut citer le philosophe Philon, philosophe juif, � l'origine du n�oplatonisme qui voulait r�server une interpr�tation all�gorique aux Saintes Ecritures. Au III�me si�cle, Orig�ne ouvre vers 210 sa propre �cole � Aexandrie. Il est le fils d'un professeur chr�tien d'Alexandrie lui-m�me martyris�. Il a �t� ordonn� pr�tre en 230 : dans son enseignement au nom de la raison et de la science, il nie la r�alit� historique de bon nombre de faits bibliques. Il fut accus� de d�naturer la foi chr�tienne en l'impr�gnant de th�ories n�oplatoniciennes, dans � ses hom�lies sur la gen�se �. L'�v�que D�m�trius lui retire la pr�trise et le fait exiler par un synode. En 250 Orig�ne est finalement arr�t�, tortur� puis rel�ch� ; son corps bris�, il meurt de ses blessures

A la fin du III�me si�cle le d�veloppement du christianisme et l'essor r�cent de courants religieux, de sectes, le d�veloppement de l'astrologie, de l'alchimie, de la magie vont par r�action radicaliser l'�glise qui a besoin d'affirmer son autorit�, laquelle va condamner l'Arianisme au concile de Nic�e en 325. Une grande partie du clerg� affiche alors son hostilit� � la science profane. Pour d�fendre les premiers chapitres de la Gen�se, on va rejeter des th�ories scientifiques qui �taient pourtant logiques.

Penchons nous maintenant sur La position de l'Eglise du IV�me au X�me si�cles :

Alors que le christianisme s'est relativement bien implant� au IV�me si�cle, un homme exceptionnel, Saint Augustin (354-430), va s'efforcer d'apporter une correction � l'esprit anti-rationnel de l'�glise.

Il tentera d'aplanir le malentendu qui s'est install� entre l'�glise et la Gr�ce Antique.

N� en 354 d'une famille bourgeoise d'Afrique du Nord, il devient professeur de rh�torique � Carthage puis � Rome. Sa conversion est progressive : revenu en Afrique du Nord, il re�oit le Sacerdoce en 391, puis devient �v�que d'Hippone, o� il terminera ses jours � l'�ge de 76 ans dans une ville assi�g�e par les Vandales.

L'�tendue de ses �crits est consid�rable : 93 œuvres r�pertori�es, soit 232 volumes. Dans ses œuvres, notamment son livre � Sur la doctrine chr�tienne � il demande aux chr�tiens de ne pas se rendre ridicules en soutenant au nom de l'�criture sainte des positions scientifiques aberrantes. La science a un r�le a jouer. Ainsi Augustin applique ce principe au fameux probl�me des eaux sup�rieures, qui interpellera l'�glise plusieurs si�cles durant, car la Gen�se dit que Dieu a s�par� les eaux en deux masses l'une inf�rieure, l'autre sup�rieure avec la terre au milieu. Pour Saint Augustin il faut faire confiance aux savants qui affirment que la nature des eaux que nous voyons ne peut exister au-dessus du ciel sid�ral, contredisant ainsi les Saintes �critures. Malheureusement les enseignements d'Augustin n'auront pas �t� r�ellement entendus par l'�glise qui continuera d'affirmer que lorsque la science contredit l'�criture, il faut changer la science.

On va assister entre le VI�me et le X�me si�cle � une stagnation de la connaissance, p�riode qu'on a surnomm�e � les �ges obscurs .� En effet, les seules �coles qui subsistent dans le climat de trouble et de violence que conna�t l'Occident sont les �coles �piscopales et monastiques : la culture pour plusieurs si�cles devient un monopole de l'�glise. Aussi au Moyen-�ge, le probl�me de l'attitude de l'�glise envers la science est fauss� : ce sont les m�mes hommes qui exercent la th�ologie et une science d�form�e au service de la premi�re, si bien que l'�glise n'aura plus de raison de s'opposer � la science de ses clercs.

Entre le XI�me et le XIII�me si�cle les choses vont bouger et l'�glise sera ouvertement anti-aristot�licienne :

Gerbert d'Aurillac un moine qui a puis� ses connaissances scientifiques dans la science pa�enne, est �lu pape en 999 et devient Sylvestre II, premier pape fran�ais. C'est l'un des plus grands scientifiques de son temps : math�maticien, astronome avec de vastes connaissances en physique, chimie, et m�me en m�decine. Toute sa vie, il a eu la passion du savoir. Il essaye donc de r�concilier l'�glise et la raison.

A la m�me �poque commence un travail de traduction des œuvres antiques par l'interm�diaire des ouvrages arabes : pendant deux si�cles vont affluer en Espagne de tr�s nombreux clercs qui vont prendre d'assaut les biblioth�ques et retrouver les œuvres grecques

Parmi les traducteurs qui vont travailler en Espagne on doit citer Ad�laide de Bath, ben Ezra ; c'est � cette �poque que G�rard de

Cr�mone rest� c�l�bre � la t�te de toute une �quipe ayant appris l'arabe commence un immense travail de traduction en latin notamment des œuvres d'Aristote, avec un grand souci d'exactitude

Un autre point de contact avec le monde Arabe/Grec � la m�me �poque fut l'Italie du sud et la Sicile dont les musulmans s'�taient empar�s au d�but du IX� si�cle. Simultan�ment, les arm�es catholiques ont entrepris la reconqu�te de l'Espagne et progressivement les musulmans sont repouss�s vers le sud de la p�ninsule ib�rique.

Cette p�riode de traduction des ouvrages grecs et arabes s'accompagne de leur propagation dans toute l'Europe On voit se cr�er des �coles, notamment l'�cole de Chartres, �cole �piscopale qui va s'efforcer de trouver une alliance entre la foi et la raison sous la surveillance de l'�glise : le savoir s'�tend � des la�cs dans cette �cole comme Guillaume de Conches (1080-1154), Gilbert de la Por�e (1080-1154), ou Thierry de Chartres, des hommes rationalistes qui s'opposent � l'interpr�tation symbolique de la bible et s'efforcent de donner une vision de l'univers que combattra Saint Bernard En effet un courant anti-scientifique demeure dans l'�glise dont le porte-parole sera Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153): il pr�conise de fuir le monde pour la contemplation mystique ; il exhorte ma�tres et clercs � abandonner leurs livres car dit-il � la science est une activit� vaine et malsaine �.

Dans le 36�me sermon sur le Cantique des cantiques il �crit : � il y en a qui veulent savoir sans se proposer d'autre but que de savoir. C'est l� une curiosit� honteuse. �

Et encore : � le premier degr� de l'orgueil est la curiosit�. N'est-ce pas elle qui pousse Ab�lard, ce pr�tentieux bouffi d'orgueil ? � Cet Ab�lard, grand th�ologien combattu par Saint Bernard pour ses conceptions sur la Trinit� consid�r�es comme h�r�tiques, sera d'ailleurs �mascul� � Paris � cause de son amour pour la jeune H�loise, puis excommuni�. Cette opposition n'emp�chera pas l'�glise d'�tre � l'origine de la plupart des universit�s en Europe au XIII�me si�cle : Bologne, Valence, Oxford, Paris, Montpellier et Toulouse. Progressivement sous la surveillance de l'�glise, de nombreux la�cs deviennent enseignants dans ces universit�s. A travers toute l'Europe l'enseignement se fait en latin ce qui facilite les passages d'une universit� � l'autre.

Les grandes controverses du XIII�me si�cle vont se livrer dans le cadre des universit�s sous la surveillance de l'�glise : de tous les affrontements th�ologiques et scientifiques le plus �pre sera celui que provoqua la red�couverte de la physique d'Aristote :

En 1210 l'Archev�que Pierre de Corbeil, assist� de l'�v�que de Paris Pierre de Nemours convoque un concile provincial qui interdit sous peine d'excommunication de donner � Paris des le�ons sur les doctrines physiques et m�taphysiques d'Aristote, interdiction reprise en 1215 par le l�gat pontifical dans un texte qui fixait le programme des �tudes de l'universit� de Paris. Au concile de 1210 il est ordonn� par le pape Innocent III que le corps d'Amaury de B�ne, panth�iste, mort en 1206, qui proclamait qu'� l'�ge de la foi allait succ�der celui de la science, soit exhum� et jet� en terre non consacr�e, tandis que ses disciples sont pourchass�s. Il est �galement ordonn� que l'ouvrage de David de Dinant, � les quaternali �, accus� de panth�isme inspir� par la m�taphysique d'Aristote, soit br�l� et que quiconque en conserverait un exemplaire soit jug� pour h�r�sie. Pourtant � cette �poque l'engouement cach� pour les œuvres d'Aristote est tr�s fort si bien qu'en 1229 la nouvelle universit� de Toulouse fait savoir qu'elle enseignera ses livres interdits.

En effet on �tait tr�s attir� par Aristote car il offrait un syst�me du monde complet et rationnel. Mais � la m�me �poque le pape Gr�goire IX demande aux th�ologiens de rejeter � le ferment de la science mondaine. �

Cette hostilit� � l'�gard de la physique d'Aristote dans l'�glise se retrouve chez nombre de th�ologiens et notamment le Franciscain Saint Bonaventure (1220-1274), th�ologien italien qui refuse � la science toute justification et toute autonomie, au profit de la th�ologie. Nomm� cardinal il fut inhum� � Lyon o� il meurt en 1274. A la m�me p�riode, discr�tement, bon nombre d'intellectuels poursuivent l'�tude d'Aristote : Siger de Brabant, d'origine belge auteur de � l'�me intellective �, Ma�tre es Arts � Paris ,sans remettre en doute les �critures revendique le droit d'�tudier la doctrine d'Aristote. Mais Siger finit par montrer que le raisonnement permet d'aboutir � la conclusion que le monde est �ternel, Dieu n'�tant pas la cause imm�diate des �v�nements et que la r�surrection est impossible.

C'est pourquoi les autorit�s eccl�siastiques le condamnent en 1270 et le tribunal de l'inquisition le reconna�t h�r�tique en 1277. Rome confirmant ce jugement, il est intern� et meurt en 1284 assassin� par son secr�taire.

Devant le danger pour l'�glise que constituent les th�ses d'Aristote de plus en plus �tudi�es, les condamnations individuelles ne parurent plus suffisantes : en 1277 le nouveau pape Jean XXI demande une sanction exemplaire contre les œuvres d'Aristote � l'�v�que de Paris, �tienne Tempier. On r�unit donc un conseil de Docteurs en th�ologie qui dressa une liste exhaustive de � 219 ex�crables erreurs � attribu�es � Aristote, qu'il �tait interdit d'enseigner � la facult� des arts de Paris sous peine d'excommunication. On y retrouve l'�ternit� du monde, l'�ternit� de la race humaine, le caract�re fini de l'univers, la conception de l'esprit Divin comme une essence pure qui n'entretient aucune relation , donc qui n'intervient pas dans le cours du monde , car il n'a aucun besoin d'agir, laissant � l'homme sa libert� d'action ; la conception de l'�me par Aristote d�pend de la mati�re et n'est donc pas immortelle, car l'�me est au corps ce que la fonction est � l'organe. La condamnation de 1277 est une condamnation d'Aristote au nom de la foi, c'est la confirmation d'un empi�tement de la foi sur la raison, qui va st�riliser nombre de penseurs et les effrayer. C'est pourquoi les universit�s du XIII�me si�cle se tourneront vers les th�ories de Claude Ptol�m�e : entre les deux le choix ne fut pas scientifique mais religieux, car le syst�me d�crit par Ptol�m�e �tait le plus compatible avec les dogmes de l'�glise, surtout celui de la gen�se. Par ailleurs Ptol�m�e avec son syst�me g�ocentrique de cercles d�f�rents rendait mieux compte des observations astronomiques. Cependant au XIII�me si�cle un Dominicain, ma�tre en th�ologie, adepte de la pens�e d'Aristote, va s'efforcer d'int�grer � la foi chr�tienne la physique d'Aristote : il s'agit de Saint Thomas D'Aquin (1229-1274) : issu d'une petite noblesse f�odale de la r�gion de Naples, auteur de la fameuse � Somme du Moyen-�ge �, dominicain italien, Thomas D'Aquin , disciple d'Albert-le-Grand, enseignera � l'universit� de Paris et en Italie ; voulant r�concilier foi et raison il d�fend l'autonomie de la science et de la th�ologie. Il essaye d'utiliser la physique d'Aristote pour apporter des preuves de l'existence de Dieu. Pour concilier Aristote et la foi, Thomas D'Aquin soutient que les corps c�lestes sont mus par quelque intelligence, probablement par l'interm�diaire des anges. C'est en fait un habillage chr�tien de th�ories fonci�rement pa�ennes, puisque Aristote attribuait le mouvement de chaque plan�te � une divinit�. Donc Thomas D'Aquin a profond�ment r�interpr�t� Aristote dans le sens de la foi chr�tienne, en d�passant son texte.

C'est ainsi qu'avec d'autres th�ologiens (Saint Bonaventure, Michel Scot), il affirme l'existence d'un dixi�me ciel, immobile, lieu divin au del� de la sph�re des fixes, qu'on appela l'Empyr�e ou ciel aqueux.

Pourtant, la question de l'�ternit� du monde soutenue par Aristote n'est gu�re compatible avec l'�glise et l'embarrasse beaucoup. Elle est aujourd'hui encore d�battue parmi les astrophysiciens puisque la th�orie des supercordes sous entend une phase de pr�-bigbang, le bigbang �tant une transition en miroir entre deux �tats, si bien que le temps n'aurait ni commencement ni fin. L'adoption par Thomas D'Aquin de la doctrine d'Aristote lui valut d'�tre touch� par la condamnation de 1277, apr�s sa mort : une vingtaine de propositions interdites le concernaient : notamment son affirmation que sans la mati�re, Dieu ne pourrait pas cr�er l'esp�ce humaine, ce qui �tait une outrageuse limitation � la puissance divine.

Ses contemporains reprocheront � Thomas de � mettre l'eau de la raison dans le vin pur de la sagesse �, ce � quoi il r�pondra que � comme � Cana l'eau se trouve chang�e en vin. � Malgr� tout, le Thomisme aura une grande influence sur l'�volution de l'�glise catholique qu'il va rapprocher des th�ses d'Aristote au XIV�me si�cle. Il faut rappeler qu'il meurt � 49 ans en se rendant au concile de Lyon. En effet au XIV�me si�cle on va assister � un revirement de la position officielle vis � vis d'aristote :

Mais en Europe le XIV�me si�cle a mauvaise r�putation : l'Europe qui s'est peupl�e voit r�appara�tre les grandes famines dans les ann�es 1310 ; les ravages de la guerre de Cent Ans commencent en 1340 ; en 1347 la peste noire tue le tiers de la population en trois ans. Elle revisitera r�guli�rement les villes et les campagnes. Les conditions m�t�orologiques sont d�grad�es par une p�riode de froid. Par ailleurs, l'�glise va conna�tre une crise sans pr�c�dent : de 1305 � 1377 la papaut� soumise au roi de France s'installe � Avignon et de 1378 � 1417 c'est le grand schisme : la chr�tient� se coupe en deux parties, Rome contre Avignon, ce qui se traduit par une contestation de l'autorit� et une remise en cause des rapports entre l'�glise et la science. De nouvelles individualit�s apparaissent comme Guillaume D'Occam (1300-1350) : Franciscain, il �tudie et enseigne � Oxford. Il entreprend la destruction de la physique d'Aristote : il affirme la possibilit� d'un univers infini, soumis � la puissance divine et compos� d'une mati�re unique, qui rend caduque la distinction entre les 2 mondes sub-lunaire et c�leste comme l'affirmait Aristote. Occam n'exclut pas l'existence d'une attraction exerc�e par la masse terrestre et une Terre en mouvement. Face au monde immuable d'Aristote, son monde est mouvant, ouvert aux possibilit�s d'infini, de temps et d'espace. C�l�bre � son �poque, Occam, grand philosophe aux nombreux �crits, f�t �cole parmi les universitaires prestigieux du XIV�me si�cle : Nicolas D'Autrecourt, Nicolas D'Oresme, Jean Buridan ou Jean de Mirecourt... Pour ces disciples d'Occam, il faut s�parer la raison de la foi car il est impossible de prouver les v�rit�s religieuses. En m�me temps ils affichent un profond scepticisme � l'�gard des sciences. L'�glise n'accepte pas ces th�ories d'Occam, d'autant qu'il s'oppose � l'omnipotence du pape Jean XXII, qu'il accusait m�me d'h�r�sie : l'universit� de Paris par l'�dit de septembre 1339 interdit l'enseignement des livres de Guillaume D'Occam en public et en priv�. Le pape Jean XXII lui intente un proc�s en h�r�sie et il dut s'enfuir � Munich pour sauver sa vie.

Ensuite l'�glise va s'en prendre � Nicolas D'Autrecourt, disciple d'Occam, licenci� en th�ologie et en droit, qui combat toutes les th�ories d'Aristote soutenant qu'on peut tr�s bien d�fendre le contraire des mille propositions d'Aristote, selon ses propres termes ; il est partisan de l'atomisme ce que l'�glise a toujours combattu avec �nergie.

Il faut rappeler que dans la Gr�ce antique, Leucippe et son �l�ve D�mocrite ont donn� naissance � l'atomisme cinq si�cles avant J.-C. : pour eux tout est compos� de particules ins�cables. Il existe des mondes infinis qui naissent et meurent livr�s au hasard. Donc aucune intelligence sup�rieure ne dirige les atomes et s'il existe des Dieux, ils restent indiff�rents aux choses de ce monde.D'ailleurs Cic�ron affirmait que D�mocrite �tait ath�e. On comprend donc l'hostilit� constante de l'�glise envers l'atomisme. En plus, l'Atomisme rendait impossible la transsubstantation : si avant et apr�s la cons�cration, l'hostie se compose des m�mes atomes group�s de la m�me fa�on, alors le passage du pain au corps du Christ devient tr�s probl�matique. Le concile de Latran avait d�fini en 1215 la transsubstantation et Thomas D'Aquin confirmera les modalit�s de ce passage en s'appuyant sur la physique d'Aristote. Donc attaquer Aristote c'�tait mettre en doute l'eucharistie. Ne pouvant tol�rer la position de Nicolas D'Autrecourt, en novembre 1340 le Pape Benoit XII demande � l'�v�que de Paris de le faire compara�tre � Avignon et son successeur Cl�ment VI continuera les poursuites : un tribunal d'eccl�siastiques le condamne � l'abjuration de tous les articles h�r�tiques en 1346 : soixante de ses propositions sont condamn�es dont l'atomisme et la th�orie corpusculaire de la lumi�re. Ses œuvres sont br�l�es publiquement ; il est destitu� de sa licence de th�ologie, tandis que lui-m�me abjurant sauve sa vie de justesse. Apr�s la canonisation en 1323 de Thomas D'Aquin, l'�glise en r�action � l'audace des Occamistes et des Atomistes va juger plus s�r de s'en tenir aux œuvres d'Aristote adapt�es par Saint Thomas et qualifi�es par le Pape Urbain VI d'�crits v�ridiques ! C'est la premi�re fois que l'�glise en la personne du Pape identifie Aristote � la v�rit� scientifique et demande aux clercs d'abandonner les autres directions de pens�e. C'est une �volution capitale, car au d�part accueilli par les autorit�s comme un pa�en, incompatible avec les �critures, Aristote apprivois� par le Thomisme aura �t� promu savant officiel de l'�glise. Sa science paraissait rassurante par opposition aux Occamistes et aux Atomistes. Le monde universitaire du XIV�me si�cle est soumis au clerg� et progressivement Aristote que Saint Thomas D'Aquin a su concilier pour l'essentiel avec la Bible va �tre impos� comme science unique dans toutes les universit�s. Cependant � Paris, deux intellectuels courageux vont se distinguer des th�ories d'Aristote : Jean Buridan (1300-1358) a �t� deux fois recteur de l'universit� de Paris ; on lui pr�te la fameuse anecdote de l'�ne mort d'inanition parce qu'il n'arrivait pas � d�cider s'il avait faim ou soif. Il fut un critique s�v�re d'Aristote et pour cela encourut de nombreuses attaques de la facult� de th�ologie : c'est ainsi qu'il �met sa c�l�bre hypoth�se de l'impetus anc�tre du principe d'inertie. Il sugg�re que Dieu a mis en mouvement tous les astres par une premi�re chiquenaude : il leur a donc imprim� des impetus qui ne se sont jamais affaiblis puisque les astres ne rencontrent aucune r�sistance dans leurs d�placements. Jean Buridan est donc l'un des tous premiers � avoir remplac� dans l'univers l'action des esprits divins auxquels se raccrochait Aristote, par des forces m�caniques. Il a �galement sugg�r� la possibilit� de mouvements de la Terre et l'existence de plusieurs mondes ce qui justifia l'hostilit� de l'Eglise � son �gard. Nicolas D'Oresme (1325-1382) est un disciple de Jean Buridan et fut un pr�curseur de Copernic, �tonnant par ses positions car il est all� beaucoup plus loin que Buridan. Il d�fend l'id�e d'une rotation de la Terre sur elle-m�me dans son � Trait� du ciel et du monde � publi� en fran�ais � la demande du roi Charles V en 1377. Aux critiques, il r�pond avec perspicacit� que l'atmosph�re doit tourner avec la Terre, qui nous para�t donc immobile. Curieusement, � aucun moment Nicolas D'Oresme ne fut inqui�t� par l'�glise pour ses opinions qui annon�aient l'H�liocentrisme, car il disposait de hautes protections : docteur en th�ologie, il devient chanoine de la Sainte-Chapelle, doyen de la cath�drale de Rouen, puis �v�que de Lisieux et surtout conseiller du roi Charles V. La fin du XIV�me si�cle annonce effectivement l'�glise de la Renaissance, l'humanisme, la tol�rance et certaines audaces scientifiques individuelles. L'unit� de direction de l'�glise est r�tablie en 1417 avec l'�lection de Martin V et Rome reprend la t�te de la chr�tient�. Mais des mœurs rel�ch�es s'installent � Rome avec les Borgia ( le pape Alexandre VI) et les M�dicis (les papes L�on X et Cl�ment VII). Devant les exc�s de Rome, Luther exprime la volont� d'un renouvellement du culte et l'�glise doit faire face � la mar�e montante du Protestantisme qui d�ferle sur l'est et le nord de l'Europe. Finalement, pour r�soudre ces probl�mes l'�glise va r�unir le concile de Trente en 1545, qui va durer 18 ans. Cette p�riode troubl�e qui s'�tend sur plus d'un si�cle dite de la Renaissance correspond � un rel�chement de la discipline impos�e dans les universit�s : Nicolas V, Pape fervent d'Aristote, essaye encore au milieu du XV�me si�cle de l'imposer comme doctrine officielle des universit�s ; le roi Louis XI en 1473, � la demande du parlement, solide d�fenseur d'Aristote, impose cette doctrine, mais la plupart des intellectuels entreprennent la destruction du syst�me Aristot�licien, jug� p�rim�.

Malheureusement, les savants de la Renaissance n'ont pas de syst�me solide � proposer pour remplacer Aristote : ils collectionnent des observations, multiplient les propositions, car l'Humanisme est le temps de la curiosit�, mais on ne propose pas de synth�se. Aux XV�me et XVI�me si�cles les th�ories scientifiques restent toutes des opinions sans preuve, y compris l'H�liocentrisme.

Les papes de la Renaissance indignes de leur fonction par bien des aspects eurent au moins le m�rite d'accueillir toutes les hypoth�ses scientifiques de leur �poque. Deux cas illustrent particuli�rement l'exceptionnelle tol�rance dont l'�glise fera preuve � l'�gard des scientifiques pendant la Renaissance, tous deux particuli�rement hostiles � la physique et aux conceptions d'Aristote sur l'univers. D'abord Nicolas de Cues n� sur les bords de la Moselle en 1401, qui �tudie le droit � Heidelberg puis � Padoue. Docteur � 22 ans, ordonn� pr�tre, il devient doyen de Coblence. En 1440 il �crit son ouvrage majeur � De la docte ignorance. � Tr�s bien en cour pontificale il est nomm� cardinal. En 1458 il est appel� � Rome par le Pape Pie II qui lui confie l'administration des �tats pontificaux. Il acc�de donc aux plus hautes fonctions, et ne subira aucune critique de l'�glise. Pourtant dans son livre, c'est lui qui �crit � nous soup�onnons que les habitants du Soleil sont plus �clair�s, illumin�s et intellectuels ; nous les supposons plus spirituels que ceux qui se rencontrent dans la Lune. Il en est semblablement des r�gions des autres �toiles, car aucune d'elles croyons-nous n'est priv�e d'habitants. �

Pour un esprit du XV�me si�cle ces conceptions sont stup�fiantes. Nicolas de Cues est le premier � ne pas accepter un univers fini, limit� par une sph�re c�leste : son univers est ind�fini. Il �crit � qu'il est impossible que la machine ait un centre fixe et que ce soit la Terre �, laquelle d'ailleurs doit �tre anim�e de mouvements, conceptions �videmment inadmissibles pour l'�glise de l'�poque.

Le chanoine Polonais Nicolas Copernic (1473-1543), hostile � la physique et � la cosmologie d'Aristote, de nature r�serv�e, h�sita longtemps, en fait plus de 35 ans, � publier sa th�orie h�liocentrique, bas�e davantage sur le raisonnement math�matique que sur l'observation. Copernic conserve la conception d'un monde fini, limit� par la sph�re des fixes, donc nettement moins audacieuse que Nicolas de Cues. Son ouvrage, peu diffus�, re�ut pourtant un accueil favorable des plus hautes instances de l'�glise et fut tol�r� pendant 70 ans.

Mais le vent de la Renaissance va tourner vers la contre-r�forme � partir du milieu du XVI� si�cle. L'ennemi essentiel deviendra la R�forme et l'�glise va � nouveau durcir sa position, voulant imposer en m�me temps une reprise en main dans le domaine de la raison. Paul III organise en 1542 la Sacr�e Congr�gation de l'Inquisition romaine. Elle sera compl�t�e par la Congr�gation de l'Index destin�e � contr�ler les �crits.

Par ailleurs Fran�ois 1er et Henri VIII meurent en 1547 ; Charles-Quint abdique en 1555, et la m�me ann�e le cardinal Caraffa �g� de 80 ans devient le Pape Paul IV. Cette �lection marque le triomphe des intransigeants. En effet on pr�tait � Paul IV la phrase suivante : � si mon p�re avait �t� quelque peu convaincu d'h�r�sie, j'aurais �t� de mes mains rassembl� le bois du b�cher. � Ainsi, en 1558 il fait exhumer 15 ans apr�s son d�c�s et br�ler les restes de Marcellus Palingenius, �crivain et po�te italien tr�s populaire, auteur du � Zodiacus vitae � mis � l'index, qui avait ni� que la Terre soit la seule a �tre peupl�e dans le monde. Contemporain de Copernic il affirmait l'infinit� de l'univers : cette question de l'infinit� reste d'actualit� car la cosmologie moderne s'est orient�e vers un monde mat�riel fini plong� dans un espace pratiquement infini, � la suite de la br�ve inflation initiale mise en �vidence par Allan Guth. Revenons au milieu du XVI� si�cle : Le concile de Trente dans sa 20�me session va d�cider de s'occuper du probl�me � de l'accroissement excessif � notre �poque du nombre de livres suspects et pernicieux. � L'�glise a donc d�cid� de redresser la barque � l'�gard des opinions scientifiques pour une position intransigeante vis � vis des Saintes Ecritures. Appuy�e par les universit�s, fief des Aristot�liciens, l'�glise a retrouv� sa boussole qui s'appelle Aristote. La contre-r�forme va expliquer les �v�nements plus ou moins dramatiques qui surviendront au XVII�me si�cle en partie � cause du dogme de l'infaillibilit� des th�ses d'Aristote. On assistera successivement :

-A l'ex�cution en f�vrier 1600 sur le b�cher du philosophe Giordano Bruno, farouche anti Aristot�licien qui n'a toujours pas �t� r�habilit� en raison de ses nombreuses h�r�sies.

- En 1601 le dominicain Tommaso Campanella est emprisonn� � vie pour ses convictions atomistes, son hostilit� envers Aristote et ses id�es sur des mondes innombrables � l'image de Giordano Bruno , qu'il a bien connu en prison - En 1616 aura lieu le premier proc�s de Galil�e, qui combattit les th�ses d'Aristote sur la m�canique et les conceptions sur l'univers. - En mars 1616 un d�cret interdira l'ouvrage de Copernic. - En 1629 les ouvrages de Kepler seront mis � l'index, lui-m�me �tait hostile aux th�ses d'Aristote. Cette attitude de l'universit� et de l'�glise raidissant leurs positions en faveur des th�ories d'Aristote afin de se prot�ger des innovations et notamment de l'Atomisme, aura de grandes cons�quences : pendant tout le XVII�me si�cle les universit�s fran�aises demeurent �trang�res aux progr�s de la physique. En Italie, en Espagne o� l'influence de l'�glise �tait encore plus forte, il y eut deux si�cles de compl�te stagnation scientifique. De nombreux intellectuels n'os�rent pas communiquer en public de peur de repr�sailles, tels Pierre Gassendi chanoine de Digne, math�maticien atomiste convaincu, hostile � Aristote car Gassendi soutenait l'existence du vide et de mouvements terrestres. Ren� Descartes, lui, atomiste et m�caniste, dont la prudence est rest�e l�gendaire, s'est r�fugi� en Hollande et renoncera � publier son � Trait� du monde � par peur des r�actions de l'�glise. Il s'agit donc d'un �trange destin que celui d'Aristote qui 4 si�cles avant J�sus-Christ �tait � l'avant-garde de la science grecque, puis a �t� �gar� pour l'occident, r�cup�r� par l'interm�diaire de la civilisation arabe, notamment par son commentateur Averro�s, pour �tre banni par l'�glise jusqu'au XIII�me si�cle. Apr�s quoi les universit�s et l'�glise vont l'imposer comme un enseignement dogmatique pendant plusieurs si�cles afin de se prot�ger des innovations contraires aux Saintes Ecritures. Aristote a ainsi servi de bouclier pour contrer les id�es nouvelles jusqu'au XVIII�me si�cle.

Nous avons vu que plusieurs questions fondamentales concernant l'univers qui ont fascin� les anciens restent aujourd'hui toujours d�battues.

.